Tatoué, vacciné

Ah mes amis!
Quel bonheur que cette expérience… mystique.

Je suis maintenant un guerrier Maori. J’ai survécu à l’épreuve. Je suis marqué, à vie, habité par les symboles magiques qui me protègent et me protégeront.

11h: Je reçois un SMS de mon tatoueur, il aura du retard, donc RDV à 12h.
12h: J’arrive au salon de tatouage. Nous discutons du tattoo, fruit de mes réflexions de ces dernières semaines. Doigts en goutte d’eau, articulations rondes et non pas anguleuses. Avec la queue tire-bouchonnée et non pas descendant droit jusqu’au talon (ou pire, autour de ma malléole). Dessin non « bordé », style marquisien. Je le laisse libre de faire le remplissage comme il le sent.
13h: On a beaucoup parlé, on passe maintenant aux actes. Il empoigne ses feutres et dessine sur mon mollet fraîchement rasé les petits Mickeys qui formeront mon tattoo. Je sais qu’il aime se fier à son instinct, travailler sans filet, sans dessin, sans dessein, sans stencil ni contraintes. En Polynésie (il est de Wallis) il m’aurait tatoué « en live » sans même dessiner avant.
14h: Il a fini le dessin, il est superbe, parfait, mais beaucoup plus gros que je croyais. Je dis « Go! », il me dit « petite pause, café? ».

14h30: « Oh putain la vache comment ça fait mal! »

« T’as de la chance, ta peau c’est du beurre, c’est un vrai bonheur à tatouer. Par contre j’y vais avec une aiguille plus fine, donc ça va faire plus mal qu’à d’autres »
Ma peau c’est du beurre, et mon cul c’est du poulet?

15h30: Entre deux « aye! », « ouille! » et « oh putain! », je rigole un peu, et nous discutons beaucoup.
De la Polynésie, du réchauffement de la planète et de la montée des eaux, de la philosophie européenne par rapport au mode de vie Polynésien, qui se perd et disparaîtra un jour. On parle aussi de basket (un peu) et de rugby (beaucoup). Il est frère ou cousin avec la moitié des joueurs Polynésiens du Top14 et de ProD2, sans compter son frère qui a 16 ans et vient de signer un contrat de formation avec Bayonne, etc…

« J’en chie grave, tu peux pas effacer et on arrête? »
« Euh non, pas trop, on fait une pause? »
« OK »

Là passe un gars qui veut un tattoo sur l’épaule, ne sait pas lequel, est recommandé par une nana qu’aucun des deux ne connaît, feuillette books et revues, fait son choix puis prend RDV, tout ça pendant que je me fais charcuter le cuir!
Vous me direz que je dois être habitué, avec l’autre charcutier-zingueur qui m’a ablaté la moitié de la gorge, et bien pas du tout. Ce n’est pas du tout la même douleur.

Retour à nos affaires. « C’est marrant tous ces gars qui se font faire des tatouages féminins. Je dis pas ça pour toi, toi tu es un guerrier avec un vrai gros truc masculin, mais le gars là c’est pas le premier qui choisi des trucs de nana. » Bzzzzzz. Aouch! « Il est peut-être gay. Ah ah. »
Moi je le suis beaucoup moins, gai, et je serre les dents.

16h30: Les contours sont terminés. On fait une pause. J’ai grave douillé et je me demande si je vais faire le remplissage.

16h45: « Allez on est reparti! Plus que 45 minutes! »
Bon pour trois quarts d’heure je peux tenir le coup. Je me suis vu dans la glace et je me trouve un peu vert. J’ai froid aussi, mais bon je serre les dents. Elles attendent quoi les endorphines pour masquer la douleur?
17h30: En fait, les endorphines, elles étaient là. Elles n’y sont plus. La douleur augmente et j’en ai ras le bol. « T’en es où? »
« Plus qu’une patte et la queue! »
« Dépêche, j’en ai marre… »

18h00: Bien sûr la dernière papatte et la queue sont tout en bas du mollet, là où ça fait le plus mal. Je déguste grave, mais tout d’un coup, au moment où j’y croyais plus « C’est fini! Bouge pas pour la photo, clic, voilà c’est bon! »

J’en ai chié, mais il est trop beau. J’adore. Vraiment comme je le voulais. Superbe!

Plein de conseils pour le protéger et en prendre soin, que je lui fait répéter deux fois pour être bien sûr que je n’oublie rien ou ne mélange pas.

Ce gecko est rempli de symboles: la baleine pour le voyage, les dents de requin pour la force et l’impulsivité, la fougère pour la vie et la renaissance, les poissons pour la richesse d’esprit, la racine pour l’attachement à la terre natale, la tortue pour la fécondité, la raie manta pour la sagesse, plus les spirales planche de protection dont j’ai oublié la signification exacte:

Mon tatoueur m’a dit qu’il fermait au mois de Mars, il part vivre dans l’île de Pâques.
Et là je me dis « Hum, si tu veux te faire faire un bracelet maori sur le bras, il va falloir te dépêcher! »
Un warrior, je vous dis!


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3 commentaires on “Tatoué, vacciné”

  1. Mahie dit :

    Quoi?!!!! Ca y est t’es addict tu veux déjà un autre tatoo???!!! lol Ah ben bravo!!!!
    Ha ha j’adore cette vidéo! Un peu plus et l’équipe française faisait reculer les kiwis! Pour une fois la « magie » néo-zélandaise n’a pas marché face à des français au mental d’acier! lol ! J’adore!

    • El marido! dit :

      Ringa pakia !
      Uma tiraha !
      Turi whatia !
      Hope whai ake !
      Waewae takahia kia kino !
      Ka mate ! Ka mate ! Ka ora !
      Ka mate ! Ka mate ! Ka ora !
      Tenei te tangata puhuru huru
      Nana nei i tiki mai, Whakawhiti te ra
      A upane ! ka upane !
      A upane ! ka upane !
      Whiti te ra ! Hi !

  2. Mahie dit :

    Même pas peur! J’ai un Chabal Bear pour me défendre!!!

    Haaaa!


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